La miséricorde ou la rencontre d’un amour

A la suite de saint Jean-Paul II, l’Eglise nous invite aujourd’hui à contempler la Divine Miséricorde. Mais qu’est-ce que la miséricorde? Nous en avons souvent un a-priori négatif qui nous enferme dans une culpabilité malsaine, or la miséricorde de Dieu est un véritable appel à la liberté, un véritable appel à l’Amour. C’est un chemin de libération que le Seigneur ouvre devant nous. Essayons de regarder comment elle se manifeste à travers les textes de la liturgie de ce dimanche.

La miséricorde est avant tout une rencontre. C’est la rencontre entre le Christ et le disciple, entre le Sauveur et l’humanité pécheresse. Cette rencontre nous la découvrons dans l’évangile que nous venons de proclamer. Les disciples se sont enfermés dans une pièce bien close: ils ont peur des Juifs; ils ont peur du fait qu’ils sont disciples de Jésus, celui qui a été condamné comme un malfrat et dont le tombeau a été retrouvé vide. Les disciples sont enfermés par la peur; enfermés dans la peur. Au milieu de cet enfermement, Jésus ressuscité vient les rejoindre. Il ne leurs fait aucun reproche sur leur trahison au soir de sa condamnation à mort et sur le fait qu’ils l’ont abandonné; il ne leur fait aucun reproche sur la peur qui les enferme. Au contraire, les seuls mots qu’il leurs adresse sont ceux-ci: «La paix soit avec vous.» (Jean 20,19) et il prend le temps de se laisser reconnaître par eux: il leurs montre les plaies de ses mains et de son côté. Quelle douceur dans l’attitude de Jésus, quel amour! Quand les disciples l’ont reconnu, ils sont remplis de joie. (La joie est un signe de la miséricorde de Dieu.) Quand a eu lieu la rencontre de l’amour du Ressuscité et le cœur ouvert des disciples à cette reconnaissance, le don de l’Esprit Saint se fait. Jésus donne à ses disciples la force de cet Amour car ces derniers sont en capacité de le recevoir. Lire la suite La miséricorde ou la rencontre d’un amour

« Il vit et il crut » (Jean 20,8)

Le soleil n’est pas encore là, c’est encore les ténèbres (Jean 20,1), quand Marie Madeleine arrive au tombeau. Le peu de clarté lui permet cependant de voir que la pierre du tombeau est enlevée. A la vue de cette pierre enlevée, elle ne s’approche pas plus mais s’en retourne, en courant, trouver Simon-Pierre et le disciple que Jésus aimait pour leurs annoncer : «On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé.» (Jean 20,2) Elle n’a pas vu que le tombeau était vide mais la pierre enlevée lui fait dire qu’il s’est passé quelque chose d’important : quelqu’un, nous ne savons pas qui, a enlevé le Seigneur. Au témoignage de Marie Madeleine nous ne savons pas ce que l’on a fait du corps. Elle n’a rien vu d’autre que la pierre enlevée du tombeau.

Ce témoignage suffit pour que Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jesus aimait, se mettent en route. Arrivés au tombeau, ils voient tous les deux la même chose : les linges posés à plat. Le texte nous dit que Simon-Pierre, arrivé le deuxième, entre dans le tombeau et voit en plus le suaire roulé à part. La tombeau semble rangé. L’enlèvement du corps n’a pas l’air d’un départ précipité ressemblant à un vol. Celui qui a fait ça semble avoir pris le temps de ranger les différents linges qui servent à embaumer un mort.

L’entrée dans le tombeau de l’autre disciple, celui que Jésus aimait, provoque l’acte de foi. «Il vit, et il crut» nous dit saint Jean (20,8). Voir le tombeau vide lui ouvre l’intelligence à la compréhension des Écritures et il croit : Jésus est ressuscité d’entre les morts !

En ce matin de Pâques où nous fêtons la Résurrection de Jésus, l’attitude du disciple que Jésus aimait est un enseignement sur notre propre acte de foi. Il n’y a rien de spectaculaire dans cette scène, rien d’extraordinaire. Nous ne savons absolument pas comment c’est passé l’acte lui-même de la résurrection. Avec les disciples, nous ne pouvons faire que la constatation que le tombeau est vide. Il n’y a rien ! Et pourtant, en m’appuyant sur la Parole de Dieu, sur l’Ecriture, je peux m’écrier avec intelligence et faire un acte de foi (même si je ne comprends pas tout) : Jésus est ressuscité !

Homélie pour le dimanche de Pâques
parue également sur Carpe Deum

Ne soyez pas effrayés! Il est Ressuscité !

Elles l’ont suivi durant sa vie terrestre. Elles l’ont écouté. Elles se sont senties accueillies, comprises dans leur dignité. Cet homme, qui les a accueillies telles qu’elles sont, elles l’ont accompagné jusqu’à la fin, jusqu’au Calvaire et à sa mise au tombeau. Nous pouvons comprendre qu’une certaine tristesse, qu’un chagrin habite ces femmes: Jésus est mort. Son histoire est terminée.

Cependant, ces femmes sont habitées par une reconnaissance envers Jésus. C’est cet amour qui les pousse à se rendre au tombeau pour un dernier hommage. Mais là, surprise: « elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. » (Marc 16,4) En entrant dans le tombeau, elles ne trouvent pas le corps de Jésus mais « un jeune homme vêtu de blanc ». (Marc 16,5) Nous pouvons comprendre qu’elles soient « saisies de frayeur ». (Marc 16,5)

Si l’évangile de cette Veillée Pascale se termine par l’annonce de la résurrection de Jésus et une invitation à l’annoncer aux disciples, les saintes femmes « sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elle-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » (Marc 16,8) Lire la suite Ne soyez pas effrayés! Il est Ressuscité !

« C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Isaïe 53,4)

« Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. » (Jean 19,30) C’est ainsi que le serviteur a réussi, qu’il est monté, qu’il s’est élevé, qu’il est exalté (cf. Isaïe 52,13). Il est là sur la croix, nu, dépouillé de tout. Il est si défiguré qu’il ne ressemble plus à un homme; il n’a plus l’apparence d’un fils d’homme (cf. Isaïe 52,14). Il a tout donné. Il s’est dépouillé de tout par amour pour nous.

Ce n’est donc pas la mort d’un type formidable, d’un ami que nous sommes venus commémorer ce soir. Nous ne sommes pas non plus venu consoler un ami… Jésus a eu peu de consolateurs durant son chemin de croix et ce n’est pas aujourd’hui qu’il en a besoin. Il nous faut vivre bien plus que cela. Il nous faut vivre une véritable conversion: comme la foule regardant le serviteur souffrant, dans le livre du prophète Isaïe, (cf. 1ère lecture), nous devons comprendre que « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. » (Isaïe 53,4) C’est cela qu’il l’a défiguré. Il y a donc un lien fort entre la vie de Jésus et la notre. Il faut reconnaitre que nous sommes impliqués dans la Passion de Jésus. La Passion de Jésus est sa Passion d’Amour pour nous, pour chacun et chacune.

N’ayons donc pas peur de lui présenter tous nos fardeaux et tous nos péchés. Il les a déjà porté par anticipation. En célébrant la Passion du Christ, nous nous laissons sauver par Lui. Pour manifester que nous nous laissons sauver par Lui, nous allons, dans quelques instants, venir vénérer la croix de Christ. N’ayons pas peur de lui ouvrir notre cœur en déposant au pied de la croix tout ce qui est obstacle à son amour et en lui manifestant, en retour, un geste de notre amour pour lui. Amen.

« Faites cela en mémoire de moi »

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais chaque année, les lectures de cette célébration ne cessent de m’étonner. Nous faisons mémoire du dernier repas de Jésus et de l’institution de l’Eucharistie et cette dernière n’est même pas relatée dans l’évangile que nous venons de proclamer. Seule la lettre de saint Paul (alors qu’il n’était même pas présent) fait référence à l’institution de l’Eucharistie. Et pourtant l’Évangile et la lettre de Paul s’éclairent mutuellement et mettent en lumière le sens de l’Eucharistie. Le geste du lavement des pieds qu’opère Jésus éclaire la façon dont nous devons vivre l’Eucharistie!

Nous venons d’entendre le récit de ce geste étonnant que Jésus fait lors de son dernier repas: il se lève de table et lave les pieds de ses disciples. Ce geste est traditionnellement celui du serviteur, de l’esclave. Nous pouvons alors comprendre le refus de Pierre: pourquoi Jésus, qui est Maître et Seigneur, s’abaisse-t-il au rang du dernier des serviteurs? Quand il comprend ce que Jésus veut faire, Pierre accepte le geste de Jésus. Quelle attitude pour nous aujourd’hui?

« Nous sommes nous aussi invités à comprendre:  la première chose que le disciple doit faire est de se mettre à l’écoute de son Seigneur, en ouvrant son coeur pour accueillir l’initiative de son amour. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera invité à accomplir, à son tour, ce que le Maître a accompli. Il devra lui aussi s’engager à « laver les pieds » de ses frères, en traduisant en gestes de service réciproque cet amour qui constitue la synthèse de tout l’Evangile (cf. Jn 13, 1-20). » (Saint Jean-Paul II, homélie pour la Cène du Seigneur, 17 avril 2003) Lire la suite « Faites cela en mémoire de moi »

De l’épître aux Philippiens:

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Philippiens 2,6-8)

Nous voudrions voir Jésus

« Nous voudrions voir Jésus. » (Jean 12,21) Qui n’a pas le désir de voir Jésus? Qui n’a pas ou jamais eu le désir de rencontrer Jésus? En tout cas, c’est le désir des Grecs qui sont venus à Jérusalem pour la fête juive de la Pâque. Et pour que cette rencontre se réalise, ils demandent à Philippe qui va lui-même trouver André. Cela semble compliqué de rencontrer Jésus. Faut-il absolument passer par la voie hiérarchique des apôtres? Que veut bien dire ce processus de rendez-vous développé dans le texte d’Évangile?

La rencontre avec Jésus est une recherche continuelle, permanente de notre vie. Notre préoccupation première, comme baptisé, doit être de chercher à rencontrer Jésus. Il n’y a que lui qui peut nous introduire dans l’intimité, la connaissance de son Père. La voie, le chemin qui nous permet de rencontrer Jésus est celui des Apôtres, c’est-à-dire de l’Église. C’est par l’Église fondée sur les Apôtre que tous peuvent voir Jésus. En dehors de l’Église, point de rencontre authentique avec Jésus. Le chemin de la rencontre avec Jésus ne se vit pas seul. Il se vit tous ensemble, il se vit en Église. Lire la suite Nous voudrions voir Jésus

Pour un lieu de rencontre véritable

Durant ce temps du Carême, nous continuons à découvrir les lieux de la rencontre avec Dieu. Lors du premier dimanche nous sommes allés au désert avec Jésus. Dimanche dernier nous sommes montés sur la montagne. Cette semaine, nous voici au Temple.

Dans l’Ancien Testament, le Temple est le lieu de la rencontre avec Dieu et le lieu du rassemblement des tribus. Ce lieu de rencontre, Jésus vient le secouer en y chassant les marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que les changeurs. Jésus vient mettre un grand coup de pied dans l’espace économique, mercantile qui s’est développé dans ce lieu sacré, c’est-à-dire dans ce lieu de la rencontre entre le divin et l’humain, entre le Ciel et la terre. Dans le Temple, il y a une dimension verticale et une dimension horizontale.

C’est en ce lieu que Jésus vient faire le ménage et y révéler une donnée nouvelle: le véritable Sanctuaire, c’est Lui: «Il parlait du sanctuaire de son corps.» écrit l’évangéliste Jean (Jean 2,21). C’est en Lui que nous pouvons faire l’expérience authentique de la rencontre avec Dieu et c’est en Lui que nous pouvons faire également une véritable expérience de fraternité.  Lire la suite Pour un lieu de rencontre véritable

Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

Pour ceux qui ont pu y être, les Cendres ont été le signe de l’entrée en Carême de l’Église et donc de chacun de nous. Ce temps de quarante jours nous prépare à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne.

Lors de l’homélie de mercredi, je vous ai présenté le carême comme un chemin de vie. Nous sommes appelés à la vie! Et c’est Dieu lui-même qui nous y appelle. Ainsi, pendant le temps du carême, prenons le temps de redécouvrir cette vie à laquelle nous sommes appelés. Mille et une choses, mille et un évènements ne cessent de nous éloigner continuellement de cette vie et de sa source qui est Dieu. Faisons l’effort d’accueillir à nouveau cette vie. Comment?

Pour avancer sur le chemin de cette vie, il est important de faire mémoire de notre baptême, c’est-à-dire de rendre présent, vivant, ce jour où nous sommes devenus enfant de Dieu, membre du Corps du Christ, temple de l’Esprit Saint. Qu’ai-je fait de mon baptême? Ce jour-là, nous avons renoncé à Satan et à ses œuvres et nous avons professé, dit notre foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Cet engagement nous le renouvelons lors de la Veillée Pascale. Comme nous l’avons entendu de saint Pierre, « le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection du Christ… » (1 Pierre 3,21)

Comment, aujourd’hui, je vis cet engagement? Comment je renonce à Satan et au mal? Comment est-ce que je proclame ma foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit? Lire la suite Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

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