Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

Pour ceux qui ont pu y être, les Cendres ont été le signe de l’entrée en Carême de l’Église et donc de chacun de nous. Ce temps de quarante jours nous prépare à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne.

Lors de l’homélie de mercredi, je vous ai présenté le carême comme un chemin de vie. Nous sommes appelés à la vie! Et c’est Dieu lui-même qui nous y appelle. Ainsi, pendant le temps du carême, prenons le temps de redécouvrir cette vie à laquelle nous sommes appelés. Mille et une choses, mille et un évènements ne cessent de nous éloigner continuellement de cette vie et de sa source qui est Dieu. Faisons l’effort d’accueillir à nouveau cette vie. Comment?

Pour avancer sur le chemin de cette vie, il est important de faire mémoire de notre baptême, c’est-à-dire de rendre présent, vivant, ce jour où nous sommes devenus enfant de Dieu, membre du Corps du Christ, temple de l’Esprit Saint. Qu’ai-je fait de mon baptême? Ce jour-là, nous avons renoncé à Satan et à ses œuvres et nous avons professé, dit notre foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Cet engagement nous le renouvelons lors de la Veillée Pascale. Comme nous l’avons entendu de saint Pierre, « le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection du Christ… » (1 Pierre 3,21)

Comment, aujourd’hui, je vis cet engagement? Comment je renonce à Satan et au mal? Comment est-ce que je proclame ma foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit? Continue reading Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

Le Carême, chemin de vie

Le signe de notre entrée en carême est ces cendres qui vont être imposées sur notre front. Elles expriment notre désir de pénitence, de conversion. Je vais les recevoir avec ces mots: « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1,15) Est-ce que ces cendres répandues sur ma tête vont être lourdes à porter? Non! Ce n’est pas un fardeau. Elles n’ont pas de poids. Le carême n’est pas un temps où nous allons nous charger de pénitences, d’efforts à faire et dont nous serons découragés dès demain matin! Le carême est un appel à la vie!

Oui, vous avez bien entendu: nous sommes appelés à la vie! Ces quarante jours qui s’ouvrent devant nous sont un engagement à nous laisser recréer par l’amour, la vie de Dieu… recréation qui culminera en la fête de Pâques et la Résurrection de Jésus. C’est donc un temps de grâce qui s’ouvre aujourd’hui. Comment accueillir ce temps de grâce? Comment entrer sur ce chemin?

Dans la première lecture, le prophète Joël nous invite à revenir au Seigneur de tout notre cœur: « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur notre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. » (Joël 2,13) L’appel du prophète nous rappelle que la conversion n’est pas que dans les formes extérieures ou dans de vagues intentions. La conversion touche et transforme toute notre existence en commençant par notre cœur, notre conscience. Ainsi, au début de ce carême, regardons notre cœur, regardons notre vie intérieure et cherchons ce qui nous éloigne de Dieu, ce qui nous éloigne des autres. Continue reading Le Carême, chemin de vie

Si tu savais le don de Dieu…

Peut-être pouvons-nous commencer par relire l’évangile de la Samaritaine : Jean 4,7-42

C’est l’histoire d’une femme qui accomplit chaque jour, avec fidélité, son devoir d’état, sa tâche quotidienne aussi pénible soit-elle. Chaque jour, elle sort de la ville pour aller puiser l’eau du puits. Un jour qu’elle arrive pour puiser l’eau, elle rencontre un homme assis sur la margelle du puits. Ce dernier lui demande à boire. Cet homme est juif et il ose adresser la parole à une samaritaine… mais cet homme n’est pas n’importe qui et il ne fait pas n’importe quoi : c’est Jésus !

En demandant à boire à la Samaritaine, Jésus vient la rejoindre dans le quotidien de sa vie. A partir de la préoccupation d’un bien aussi vital que l’eau, Jésus entame avec son interlocutrice un dialogue confiant. Il part de son attente immédiate : celle de la soif, de l’eau pour lui faire exprimer une soif plus grande encore : celle d’être aimée. Cet amour, elle a du mal à le trouver, à l’accueillir, à le vivre : elle a eu cinq maris et encore, celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari. Aimer et se laisser aimer, c’est si compliqué !

Par le dialogue, par sa parole, Jésus va ouvrir le cœur de la Samaritaine à la présence de Dieu et à son Amour qui répond à son désir profond d’être aimée. Et cette rencontre avec Jésus va transformer sa vie : la parole échangée va faire advenir la vérité ce qui va combler la Samaritaine de joie ! Cette joie, elle ne pourra pas la garder pour elle : elle la partage à tous ceux qu’elle croise sur son chemin et elle invite chacun à venir rencontrer Jésus. Continue reading Si tu savais le don de Dieu…

Pas de souci, une seule attache

Les mots entendus dans la seconde lecture peuvent nous surprendre. Nous n’avons pas choisi ce texte parce que nous avons parmi nous les couples qui vont se marier en cette année 2015. Non, les textes entendus sont ceux qui sont proclamés dans toute l’Église en ce dimanche.

Alors que veut nous dire saint Paul? Il ne nous propose pas un cours sur le mariage, le célibat ou la vie sexuelle en générale. Il fait une constatation. Saint Paul constate qu’il y a des célibataires qui savent user de leur liberté pour se consacrer à Dieu et aux autres mais aussi que certains sont tout occupé par leur vie de couple et leur vie amoureuse qu’ils oublient leur vie spirituelle. A l’inverse, il sait aussi que certains célibataires se recroqueville dans l’égoïsme mais aussi que pour certains, l’amour vécu dans le mariage un chemin de progression dans l’amour de Dieu et des autres.

Le souci de soi-même, le souci de son bien-être personnel ou de couple peut être un obstacle majeur à un amour véritable. C’est pour cela que saint Paul désire nous « voir libres de tout souci. » (1 Corinthiens 7,32) Il veut nous « proposer ce qui est bien, afin que [nous soyons] attachés au Seigneur sans partage ». (1 Corinthiens 7,35)

Oui, c’est dans l’attachement au Seigneur que le véritable amour trouve son plein épanouissement. Être attaché au Seigneur, ne pensons pas que cela est vrai pour ceux qui lui ont consacré leur vie comme les prêtres et les consacrés (c’est-à-dire les religieux, religieuses, laïcs consacrés…) dont c’est la fête demain. Être attaché au Seigneur cela doit être le désir de tout baptisé, de tous ceux qui se marient à l’Église. Continue reading Pas de souci, une seule attache

Le Fils bien-aimé, la joie du Père

La Parole de Dieu de ce dimanche vient nous appeler à l’espérance face à l’actualité dramatique de cette semaine. Face au mal, à la haine, à la violence des faits, nous sommes bouleversés et notre cœur est traversé par de multiples sentiments parfois contradictoires qui pourraient nous entrainer, nous aussi, dans la spirale du pire. Le risque est grand que nous nous laissions également envahir, de façon consciente ou non, par une certaine forme de violence.

Et voilà que les mots du prophète Isaïe nous arrivent comme un appel implacable: « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. » (Isaïe 55,7) Oui, je suis bien d’accord avec la première phrase de cette citation. Il faut que le méchant abandonne sont chemin. Il faut que le méchant se convertisse. Il faut… mais cela ne se fait pas seulement à la force du poignet et je suis bien placé pour le savoir! Car le méchant, ce n’est pas que l’autre, le terroriste, celui qui n’est pas d’accord avec moi. Je le sais trop bien: moi aussi je suis marqué par le mal; moi aussi souvent, trop souvent « je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Romains 7,19) L’appel à la conversion n’est pas que pour l’autre: tout être humain est marqué, traversé par le péché originel, par cette blessure de l’amour. Moi aussi, je dois me convertir. Et cette conversion, je la vis uniquement quand je reviens vers le Seigneur, quand je fais l’expérience de sa miséricorde, de son pardon.

Faire cette expérience de la miséricorde, du pardon du Seigneur, ce n’est pas aller dans une chambre de torture, bien au contraire, c’est me tourner vers le Seigneur en me présentant devant lui, tel que je suis, blessé de ne pouvoir être aimé et de ne pouvoir aimer correctement. Faire l’expérience du pardon de Dieu, c’est entendre cette parole du Père: « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi je trouve ma joie. » (Marc 1,11) Continue reading Le Fils bien-aimé, la joie du Père

A l’exemple des mages…

Les vacances et les fêtes se terminent. Il va nous falloir reprendre courageusement le chemin de la vie ordinaire… heureusement que la galette des rois de ce jour va nous donner un dernier petit air de fête! Mais que fêtons-nous aujourd’hui? Une visite particulière.

Voilà que « des mages venus d’Orient » (Matthieu 2,1) « entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 2,11) Mais quelle aventure pour arriver jusque là! Comme GPS, ces braves mages n’avaient qu’une étoile. Cette étoile, c’était leur boulot de regarder les étoiles, ils l’ont vu se lever à l’Orient. D’après leur science, celle-ci n’était pas commune à toutes les autres. Elle annonçait que quelqu’un de grand, d’important venait de naître. Et ils ont cherché qui est celui que révèle cette étoile. Pour cela, ils se sont mis en route. Ils se sont mis en marche et les rois-mages, en Galilée, ont suivi l’étoile du Berger… N’est-ce pas formidable? Voilà des hommes de science qui sont capables de discerner dans leur art un appel à se mettre en route, à partir à la rencontre de Celui qui est à la source de leur découverte. Ils ne savent pas encore que cela sera pour eux un pèlerinage et un chemin de conversion. Mais avec intelligence, ils se laissent interroger par leur science et leur découverte.

Dans leur cheminement, ils sont obligés de s’ouvrir aux autres. Les GPS de l’époque n’étant pas encore au point, ils ont été obligés de demander leur route. Pour découvrir leur destination, ils demandent conseil: « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? » (Matthieu 2,2) Cette question a de quoi bouleverser leurs interlocuteurs: le roi des Juifs, c’est le Christ, le Messie qu’attend le peuple d’Israël. Le roi des Juifs, le Christ, le Messie, c’est la fin des haricots pour le roi Hérode: il ressent la naissance de cet enfant comme une menace pour son pouvoir. La jalousie, la peur éclatent alors dans son cœur. Il faut trouver où est né ce grand rival! Et pour répondre à la question sur le lieu de la naissance du roi qui vient de naître, il a besoin du secours des Écritures, de la Parole de Dieu. Continue reading A l’exemple des mages…

Avec Marie, Mère de Dieu, bonne année et belle sainteté !

Par cette solennité de Marie, Mère de Dieu se termine l’octave de Noël. Il y a huit jours nous nous sommes réjouis de la naissance du Sauveur, de Jésus. Avec Marie, Joseph, les bergers, nous étions à la crèche pour adorer Dieu fait homme, l’Emmanuel. Avec les anges dans le ciel, nous chantions la gloire de Dieu. Aujourd’hui, nous tournons notre regard vers la Vierge Marie. Nous rendons grâce au Seigneur pour celle qui a donnée la Vie, celle par qui nous pouvons fêter la naissance de Jésus. Aujourd’hui, nous faisons monter notre merci pour la Mère qui, par son ‘oui’, nous a donnée de voir le Fils de Dieu.

Nous l’avons entendu au soir de Noël, ce Fils qui nous est donné est appelé: « Prince de la Paix » (Isaïe 9,5). Jésus est notre Paix, la paix que tout être humain cherche. Cette Paix où la trouvons-nous? Dans les bras d’une mère, dans les bras de la Vierge Marie. La Paix dont notre monde a besoin est dans les bras de la Vierge Marie: c’est Jésus lui-même. Et Marie donne cette Paix à qui le lui demande, elle donne Jésus à qui s’adresse à elle dans une prière filiale. Pour cela, il me faut, avec les bergers, aller à la crèche. Seul le chemin de la crèche est le chemin de la Paix. Refuser la crèche, c’est refuser la Paix, c’est refuser de se laisser désarmer devant un enfant, devant l’Enfant qui est source de ma vie: Jésus, le Fils de Dieu. Aller à la crèche, c’est accepter, comme les bergers, de sortir de la routine du quotidien pour accueillir la nouveauté de la Parole de Dieu et avoir le coeur transformé pour chanter les louanges du Seigneur là où nous sommes appelés à vivre.

Si nous voulons un monde d’hommes justes qui vivent le chemin de la fraternité, il nous faut prendre le chemin de la crèche. La crèche nous parle de Dieu qui se fait Enfant et de sa Mère qui nous le donne. Marie met au monde Jésus de nuit, car l’amour est un don qui fait toujours naître la lumière. Oui, à la crèche, l’homme découvre qu’il est aimé, désiré, attendu. Il comprend que cela vaut la peine d’être un homme car Dieu lui-même c’est fait homme. A la crèche, je me découvre frère parmi des frères, aimé comme un fils.

En portant notre regard sur la Vierge Mère, au premier jour de l’année civile, dans la joie de Noël, souvenons-nous que nous sommes invités, chaque jour de cette année à nous laisser engendrer comme Enfant de Dieu, comme enfant de la Paix, en nous mettant avec confiance à l’école de la Sainte Famille. Avec Marie qui «retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur» (Luc 2,19) ne cessons pas de faire mémoire de l’œuvre de Dieu en nos vies.

A l’école de Marie toute Mère, le regard tourné vers le Christ, je vous souhaite une bonne année et une belle sainteté !

A l’exemple de la Sainte Famille

En ce dimanche qui suit la solennité de Noël, l’Église nous invite à célébrer la Sainte Famille. Cette dernière est proposée comme modèle pour toutes les familles humaines. N’est-ce pas légèrement anachronique quand nous regardons les familles du XXIème siècle? Faut-il encore proposer cette Sainte Famille, composée de la Vierge Marie, de Saint Joseph et de l’Enfant-Jésus comme modèle?

Oui! Notre histoire personnelle s’insère toujours dans l’histoire d’une famille. De plus, nous ne le savons que trop bien, dans notre société occidentale, la famille traverse une grave crise d’identité, il est donc fondamental d’avoir un modèle qui nous aide à construire notre famille, notre vie. Ce modèle nous le trouvons dans la Sainte Famille de Nazareth qui nous permet de redécouvrir la vocation et la mission de la famille, de chaque famille. Marie, Joseph et Jésus sont là pour nous aider à redécouvrir la vocation première de ce trésor de l’humanité qu’est la famille. N’ayons pas peur de nous mettre à leur école.

La Sainte Famille n’était pas une famille sans problèmes. Marie et Jospeh ont eu la lourde charge d’éduquer l’Enfant-Jésus, le Fils de Dieu lui-même! Ils ont partagé la condition humaine de ce fils déconcertant, le suivant pas à pas dans la révélation de son mystère. Il n’a pas du être simple de veiller sur le Fils de Dieu, de fuir en Egypte, de rentrer ensuite à Nazareth et de voir Jésus grandir en sagesse et en grâce dans une vie ordinaire, sans manifestations exceptionnelles et ceci pendant 30 ans!

Avec le peu que nous disent les évangiles sur la Sainte Famille, nous découvrons que cette dernière est comme toutes nos familles: la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Nous pourrions dire que c’est une famille ordinaire, comme toutes les autres. Elle a ses joies, ses peines, ses secrets. Elle mène une vie de foi. Les parents éprouvent la joie de voir naître et grandir un enfant sain et fort. Cette famille reçoit des prophéties qui lui annonce un avenir qui ne sera pas toujours facile.  Continue reading A l’exemple de la Sainte Famille

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