De l’épître aux Philippiens:

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Philippiens 2,6-8)

Nous voudrions voir Jésus

« Nous voudrions voir Jésus. » (Jean 12,21) Qui n’a pas le désir de voir Jésus? Qui n’a pas ou jamais eu le désir de rencontrer Jésus? En tout cas, c’est le désir des Grecs qui sont venus à Jérusalem pour la fête juive de la Pâque. Et pour que cette rencontre se réalise, ils demandent à Philippe qui va lui-même trouver André. Cela semble compliqué de rencontrer Jésus. Faut-il absolument passer par la voie hiérarchique des apôtres? Que veut bien dire ce processus de rendez-vous développé dans le texte d’Évangile?

La rencontre avec Jésus est une recherche continuelle, permanente de notre vie. Notre préoccupation première, comme baptisé, doit être de chercher à rencontrer Jésus. Il n’y a que lui qui peut nous introduire dans l’intimité, la connaissance de son Père. La voie, le chemin qui nous permet de rencontrer Jésus est celui des Apôtres, c’est-à-dire de l’Église. C’est par l’Église fondée sur les Apôtre que tous peuvent voir Jésus. En dehors de l’Église, point de rencontre authentique avec Jésus. Le chemin de la rencontre avec Jésus ne se vit pas seul. Il se vit tous ensemble, il se vit en Église. Lire la suite Nous voudrions voir Jésus

Pour un lieu de rencontre véritable

Durant ce temps du Carême, nous continuons à découvrir les lieux de la rencontre avec Dieu. Lors du premier dimanche nous sommes allés au désert avec Jésus. Dimanche dernier nous sommes montés sur la montagne. Cette semaine, nous voici au Temple.

Dans l’Ancien Testament, le Temple est le lieu de la rencontre avec Dieu et le lieu du rassemblement des tribus. Ce lieu de rencontre, Jésus vient le secouer en y chassant les marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que les changeurs. Jésus vient mettre un grand coup de pied dans l’espace économique, mercantile qui s’est développé dans ce lieu sacré, c’est-à-dire dans ce lieu de la rencontre entre le divin et l’humain, entre le Ciel et la terre. Dans le Temple, il y a une dimension verticale et une dimension horizontale.

C’est en ce lieu que Jésus vient faire le ménage et y révéler une donnée nouvelle: le véritable Sanctuaire, c’est Lui: «Il parlait du sanctuaire de son corps.» écrit l’évangéliste Jean (Jean 2,21). C’est en Lui que nous pouvons faire l’expérience authentique de la rencontre avec Dieu et c’est en Lui que nous pouvons faire également une véritable expérience de fraternité.  Lire la suite Pour un lieu de rencontre véritable

Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

Pour ceux qui ont pu y être, les Cendres ont été le signe de l’entrée en Carême de l’Église et donc de chacun de nous. Ce temps de quarante jours nous prépare à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne.

Lors de l’homélie de mercredi, je vous ai présenté le carême comme un chemin de vie. Nous sommes appelés à la vie! Et c’est Dieu lui-même qui nous y appelle. Ainsi, pendant le temps du carême, prenons le temps de redécouvrir cette vie à laquelle nous sommes appelés. Mille et une choses, mille et un évènements ne cessent de nous éloigner continuellement de cette vie et de sa source qui est Dieu. Faisons l’effort d’accueillir à nouveau cette vie. Comment?

Pour avancer sur le chemin de cette vie, il est important de faire mémoire de notre baptême, c’est-à-dire de rendre présent, vivant, ce jour où nous sommes devenus enfant de Dieu, membre du Corps du Christ, temple de l’Esprit Saint. Qu’ai-je fait de mon baptême? Ce jour-là, nous avons renoncé à Satan et à ses œuvres et nous avons professé, dit notre foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Cet engagement nous le renouvelons lors de la Veillée Pascale. Comme nous l’avons entendu de saint Pierre, « le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection du Christ… » (1 Pierre 3,21)

Comment, aujourd’hui, je vis cet engagement? Comment je renonce à Satan et au mal? Comment est-ce que je proclame ma foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit? Lire la suite Le temps du Carême pour aller à la source du baptême

Le Carême, chemin de vie

Le signe de notre entrée en carême est ces cendres qui vont être imposées sur notre front. Elles expriment notre désir de pénitence, de conversion. Je vais les recevoir avec ces mots: « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1,15) Est-ce que ces cendres répandues sur ma tête vont être lourdes à porter? Non! Ce n’est pas un fardeau. Elles n’ont pas de poids. Le carême n’est pas un temps où nous allons nous charger de pénitences, d’efforts à faire et dont nous serons découragés dès demain matin! Le carême est un appel à la vie!

Oui, vous avez bien entendu: nous sommes appelés à la vie! Ces quarante jours qui s’ouvrent devant nous sont un engagement à nous laisser recréer par l’amour, la vie de Dieu… recréation qui culminera en la fête de Pâques et la Résurrection de Jésus. C’est donc un temps de grâce qui s’ouvre aujourd’hui. Comment accueillir ce temps de grâce? Comment entrer sur ce chemin?

Dans la première lecture, le prophète Joël nous invite à revenir au Seigneur de tout notre cœur: « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur notre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. » (Joël 2,13) L’appel du prophète nous rappelle que la conversion n’est pas que dans les formes extérieures ou dans de vagues intentions. La conversion touche et transforme toute notre existence en commençant par notre cœur, notre conscience. Ainsi, au début de ce carême, regardons notre cœur, regardons notre vie intérieure et cherchons ce qui nous éloigne de Dieu, ce qui nous éloigne des autres. Lire la suite Le Carême, chemin de vie

Si tu savais le don de Dieu…

Peut-être pouvons-nous commencer par relire l’évangile de la Samaritaine : Jean 4,7-42

C’est l’histoire d’une femme qui accomplit chaque jour, avec fidélité, son devoir d’état, sa tâche quotidienne aussi pénible soit-elle. Chaque jour, elle sort de la ville pour aller puiser l’eau du puits. Un jour qu’elle arrive pour puiser l’eau, elle rencontre un homme assis sur la margelle du puits. Ce dernier lui demande à boire. Cet homme est juif et il ose adresser la parole à une samaritaine… mais cet homme n’est pas n’importe qui et il ne fait pas n’importe quoi : c’est Jésus !

En demandant à boire à la Samaritaine, Jésus vient la rejoindre dans le quotidien de sa vie. A partir de la préoccupation d’un bien aussi vital que l’eau, Jésus entame avec son interlocutrice un dialogue confiant. Il part de son attente immédiate : celle de la soif, de l’eau pour lui faire exprimer une soif plus grande encore : celle d’être aimée. Cet amour, elle a du mal à le trouver, à l’accueillir, à le vivre : elle a eu cinq maris et encore, celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari. Aimer et se laisser aimer, c’est si compliqué !

Par le dialogue, par sa parole, Jésus va ouvrir le cœur de la Samaritaine à la présence de Dieu et à son Amour qui répond à son désir profond d’être aimée. Et cette rencontre avec Jésus va transformer sa vie : la parole échangée va faire advenir la vérité ce qui va combler la Samaritaine de joie ! Cette joie, elle ne pourra pas la garder pour elle : elle la partage à tous ceux qu’elle croise sur son chemin et elle invite chacun à venir rencontrer Jésus. Lire la suite Si tu savais le don de Dieu…

Pas de souci, une seule attache

Les mots entendus dans la seconde lecture peuvent nous surprendre. Nous n’avons pas choisi ce texte parce que nous avons parmi nous les couples qui vont se marier en cette année 2015. Non, les textes entendus sont ceux qui sont proclamés dans toute l’Église en ce dimanche.

Alors que veut nous dire saint Paul? Il ne nous propose pas un cours sur le mariage, le célibat ou la vie sexuelle en générale. Il fait une constatation. Saint Paul constate qu’il y a des célibataires qui savent user de leur liberté pour se consacrer à Dieu et aux autres mais aussi que certains sont tout occupé par leur vie de couple et leur vie amoureuse qu’ils oublient leur vie spirituelle. A l’inverse, il sait aussi que certains célibataires se recroqueville dans l’égoïsme mais aussi que pour certains, l’amour vécu dans le mariage un chemin de progression dans l’amour de Dieu et des autres.

Le souci de soi-même, le souci de son bien-être personnel ou de couple peut être un obstacle majeur à un amour véritable. C’est pour cela que saint Paul désire nous « voir libres de tout souci. » (1 Corinthiens 7,32) Il veut nous « proposer ce qui est bien, afin que [nous soyons] attachés au Seigneur sans partage ». (1 Corinthiens 7,35)

Oui, c’est dans l’attachement au Seigneur que le véritable amour trouve son plein épanouissement. Être attaché au Seigneur, ne pensons pas que cela est vrai pour ceux qui lui ont consacré leur vie comme les prêtres et les consacrés (c’est-à-dire les religieux, religieuses, laïcs consacrés…) dont c’est la fête demain. Être attaché au Seigneur cela doit être le désir de tout baptisé, de tous ceux qui se marient à l’Église. Lire la suite Pas de souci, une seule attache

Le Fils bien-aimé, la joie du Père

La Parole de Dieu de ce dimanche vient nous appeler à l’espérance face à l’actualité dramatique de cette semaine. Face au mal, à la haine, à la violence des faits, nous sommes bouleversés et notre cœur est traversé par de multiples sentiments parfois contradictoires qui pourraient nous entrainer, nous aussi, dans la spirale du pire. Le risque est grand que nous nous laissions également envahir, de façon consciente ou non, par une certaine forme de violence.

Et voilà que les mots du prophète Isaïe nous arrivent comme un appel implacable: « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. » (Isaïe 55,7) Oui, je suis bien d’accord avec la première phrase de cette citation. Il faut que le méchant abandonne sont chemin. Il faut que le méchant se convertisse. Il faut… mais cela ne se fait pas seulement à la force du poignet et je suis bien placé pour le savoir! Car le méchant, ce n’est pas que l’autre, le terroriste, celui qui n’est pas d’accord avec moi. Je le sais trop bien: moi aussi je suis marqué par le mal; moi aussi souvent, trop souvent « je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Romains 7,19) L’appel à la conversion n’est pas que pour l’autre: tout être humain est marqué, traversé par le péché originel, par cette blessure de l’amour. Moi aussi, je dois me convertir. Et cette conversion, je la vis uniquement quand je reviens vers le Seigneur, quand je fais l’expérience de sa miséricorde, de son pardon.

Faire cette expérience de la miséricorde, du pardon du Seigneur, ce n’est pas aller dans une chambre de torture, bien au contraire, c’est me tourner vers le Seigneur en me présentant devant lui, tel que je suis, blessé de ne pouvoir être aimé et de ne pouvoir aimer correctement. Faire l’expérience du pardon de Dieu, c’est entendre cette parole du Père: « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi je trouve ma joie. » (Marc 1,11) Lire la suite Le Fils bien-aimé, la joie du Père

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