Terre Sainte 244

Artisan de paix

Ah, la légendaire sagesse de Salomon! Toute personne censée, qui a quelque pouvoir à exercer, ne devrait pas avoir d’autre désir que cette sagesse: un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien du mal. Cela éviterait bien des conflits…

Oui, mais ne soyons pas dupes: l’accession au trône du roi Salomon ne se fit pas de façon très clean! Intrigues politiques, complots et même assassinats furent de mises. Et pourtant, la sagesse de Salomon est légendaire. Que s’est-il passé?

Une fois arrivé au pouvoir, le roi Salomon a eu un éclair de lucidité. Il s’est aperçu qu’il n’était pas si facile que cela de gouverner. Être un bon chef, ce n’est pas simplement accomplir ses propres volontés ou répondre au désir d’un lobby. Gouverner, c’est rechercher, avant toute chose, le bien commun. Salomon se tourne alors vers le Seigneur pour lui adresses cette prière: «Seigneur, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi à la place de David, mon père: or, je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal; comment sans cela gouverner ton peuple qui est si important?» (1 Rois 3,7-9)

Dans cette prière, Salomon reconnaît que sa mission royale est une mission de service. Comme roi, il est au service du peuple de Dieu. Ce service est à accomplir pour le bien du peuple et non pour son confort personnel. Il demande donc au Seigneur ce qui est nécessaire pour accomplir ce service. Dieu va répondre à cette prière avec une grande largesse: «Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé: je te donne un coeur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi.» (1 Rois 3,11-12)

En ces temps tourmentés, où la violence semble l’emporter parce que chacun veut défendre ses propres intérêts et avoir le pouvoir sur l’autre, puissions-nous faire de la prière de Salomon notre propre prière. Elle ne concerne pas que les grands de ce monde. Elle concerne chacun de nous à la mesure de le responsabilité qui est la notre.

Aujourd’hui, nous prions plus particulièrement pour la paix et principalement en Terre Sainte, en Irak, en Syrie… mais n’oublions pas que les acteurs de paix ne sont pas que les ambassadeurs de l’ONU. C’est chacun de nous et ça commence là où nous vivons: au cœur de nos familles, avec nos voisins, dans nos villages, au sein de notre communauté chrétienne…

Dans l’évangile selon saint Matthieu, Jésus nous dit: «moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux.» (Matthieu 5,44-45) Cela est exigent mais ne doit pas nous décourager. C’est une invitation à nous recentrer sur la perle rare de notre vie: le Christ Jésus lui-même. Être acteur de paix, c’est, avant tout, savoir se mettre simplement devant le Christ, dans le silence de la prière. Là, je m’offre au Seigneur et je prie pour celles et ceux avec qui j’ai du mal: que ce soit un membre de ma famille, un voisin, un collègue ou ceux qui persécutent nos frères et sœurs chrétiens au Moyen ou Proche Orient. Je m’offre au Seigneur et l’implore de savoir aimer les autres comme lui les aime. Je lui demande d’avoir ses sentiments à l’égard de chacun. J’ose aussi, à la lumière de l’Esprit-Saint, regarder les conversions qu’il me faut vivre dans ma propre vie pour laisser de plus en plus le Christ agir en moi.

Être acteur de paix, c’est laisser le Christ avoir la première place en tout, lui qui est la Paix, cette paix que nous nous donnerons dans quelques instants. Amen.

Homélie pour le 17ème dimanche ordinaire – Année A

Champ de blé 002

A l’heure de la moisson…

Depuis quelques jours, les moissonneuses-batteuses sont de sortie. C’est la moisson! Il est l’heure de récolter le fruit de son travail et espérons-le du bon grain semé.

Dans l’évangile de ce dimanche, par la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus nous place dans l’espérance de la moisson. Cette parabole nous fait traverser la question du bien et du mal à laquelle se confronte toute vie humaine. Pourquoi le mal? Pourquoi la souffrance? Pourquoi la mort? Si Dieu est bon pourquoi n’a-t-il pas supprimé tout cela? Pourquoi n’a-t-il pas supprimé le péché?

"Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla." (Matthieu 13,24-25) Lire la suite

Pain et vin

Souviens-toi de l’Amour de Dieu

«Souviens-toi…» telle est l’invitation de Moïse au peuple d’Israël (Deutéronome 8,2) dans la première lecture de ce dimanche. Ce n’est pas par nostalgie que Moïse invite le peuple à faire mémoire de son passé. C’est parce qu’il est résolument tourné vers l’avenir et qu’il se préoccupe de la fidélité à ce que le peuple de Dieu a reçu de ce dernier. En quelque sorte, Moïse dit au peuple: «Si demain, tu veux être encore debout, n’oublie pas aujourd’hui ce que tu es et grâce à qui tu l’es.»
L’invitation «Souviens-toi…» est de retourner à l’essentiel en faisant mémoire de tout le chemin parcouru dans le désert, au temps de l’inconfort et de la famine. Que c’est-il passé? Dieu a pris soin de son peuple en lui donnant de quoi subvenir à ses besoins: «C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui dans le désert t’a donné la manne, cette nourriture inconnue de tes pères.» (Deutéronome 8,15-16) Tout cela pour que le peuple comprenne que «l’homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.» (Deutéronome 8,3) Lire la suite

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Toute une histoire de cadeau…

La Providence nous donne de célébrer aujourd’hui la fête des pères le même jour que la Sainte Trinité. Quel rapport allez-vous me dire? La fête des pères va peut être nous aider à comprendre quelque chose du mystère de la Sainte Trinité: un seul Dieu en trois personnes.
Aujourd’hui, beaucoup d’enfants vont offrir à leur père les cadeaux qu’ils ont confectionné avec amour. Ce cadeau exprime beaucoup de la relation de l’enfant avec son père: le soin mis pour le confectionner, la façon de le donner… De même, la façon dont le père reçoit le cadeau dit beaucoup de l’amour qu’il porte à son enfant.
Le cadeau est aussi le signe, pour l’enfant, d’un merci pour l’amour qu’il reçoit de son père. Il y a dans cette relation un aimant: le père, de qui vient l’amour et qui apprend à l’enfant à aimer; un aimé: l’enfant qui reçoit l’amour du père et qui témoigne de cet amour à son père mais aussi autour de lui; enfin, il y a l’amour lui-même qui unit le père et son enfant, qui alimente, fait grandir, fortifie la relation entre les deux.
Dans la Sainte Trinité, il y a le Père, le Fils et le Saint Esprit. Il y a l’aimant, l’aimé et l’amour. Le Père aimant dépose dans son Fils bien-aimé son Esprit d’Amour, Esprit qui déborde jusqu’à nous. Le Père est l’amour donné et le Fils est l’amour reçu. L’Esprit est le "et" entre les deux, le baiser donné pour reprendre une image de Saint Bernard. Pour le dire à la manière de saint Augustin: en Dieu, il y a l’aimant, l’aimé et l’amour. Un plus un plus un égale Dieu ou trois! Un seul Dieu en trois personnes.
Que le Seigneur lui-même nous accorde sa grâce pour que nous puissions mieux pénétrer ce mystère de notre foi, dans lequel nous sommes plongés par le baptême: Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Amen.

Homélie pour la Sainte Trinité – année A

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