Pour tous les hommes qui ont quitté cette vie…

Au lendemain de la Toussaint, l’Église nous invite à prier pour les défunts, à prier pour celles et ceux qui ont disparus à nos yeux mais qui sont bien présent dans notre cœur, dans notre prière. Au cœur de chaque Eucharistie, l’Église nous invite à prier « pour tous ceux qui reposent dans le Christ » (Prière Eucharistique 1), « pour tous les hommes qui ont quitté cette vie » (Prière Eucharistique 2) et dont le Seigneur « connait la droiture » (Prière Eucharistique 3). Bref, avec toute l’Église nous prions « pour tous les morts dont seul le Seigneur connait la foi. » (Prière Eucharistique 4)

En priant pour les défunts, nous demandons au Père que ces derniers puissent vivre la plénitude de la joie du Ciel. Nous confions au Seigneur celles et ceux qui sont déjà entrés dans la lumière de la vie mais qui n’ont pas encore achevé leur purification dans le feu de l’Amour divin.

La mort n’est pas que la fin de la vie terrestre. Elle est surtout un passage vers la plénitude de la vie éternelle, de la vie avec Dieu. Si la mort nous dérange tant, c’est parce que ce passage est un mystère pour nous, ce passage est une réalité que j’ai du mal à comprendre. Cependant, notre foi en Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous, nous invite à l’espérance face à la mort, face à ce passage. Avec Job, elle nous fait dire: « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts; avec mon corps, je me tiendrai debout, je verrai Dieu. » (Job 19,25)

La mort, qui nous apparaît comme la fin de la vie ici-bas, est surtout un passage vers la plénitude de la vraie vie, le prolongement de la vie terrestre selon un mode complètement nouveau: le Christ Jésus « transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ». (Philippiens 3,21). Oui, pour le chrétien, la mort est la rencontre avec Celui qui a vaincu la mort et qui est ressuscité: Jésus-Christ.

La prière pour les défunts, comme hier la prière avec tous les saints, nous invite donc à l’espérance de voir Dieu, d’entrer un jour dans la vision béatifique de Dieu. C’est avec foi et amour que nous faisons monter vers Dieu cette prière pour celles et ceux qui nous ont quitté: qu’ils puissent entrer au plus vite dans la vision de Dieu, qu’ils puissent le voir de leurs yeux. Confions-les à la prière de nos frères et sœurs les saints, et plus particulièrement celle de la Vierge Marie qui ne cesse de prier pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort.

« Ouvre, Seigneur, à nos frères défunts ta maison de lumière et de paix, car c’est pour eux que nous célébrons le sacrement de la Pâque » (Prière après la communion), que nous célébrons cette Eucharistie. Amen.

« Nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3,2)

« Lorsque le Fils de Dieu paraitra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3,2) Voir Dieu et le voir tel qu’il est… qui n’a pas ce désir en lui?

Aujourd’hui, avec toute l’Église, nous nous réjouissons pour tous ceux et toutes celles qui sont au ciel et qui voient Dieu. Nous nous réjouissons avec tous ces saints et ces saintes connus ou inconnus, cette foule immense, cette foule de toutes nations, races, peuples et langues qui se tient « debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. » (Apocalypse 7,9)

Qui est cette « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer » (Apocalypse 7,9)? Qui sont tous ces saints? Ce sont des hommes et des femmes comme vous et moi qui ont « traversé la grande épreuve; et qui ont lavé leurs vêtements, les ont purifiés dans le sang de l’Agneau » (Apocalypse 7,14). Ce sont des pécheurs qui se sont laissés toucher par la miséricorde de Dieu. Qu’ils soient époux ou épouses, pères ou mères, célibataires, religieux ou religieuses, consacrés, prêtres… ils se sont laissés enfanter par l’Esprit-Saint. Ils ont appris à accueillir dans le quotidien de leur vie « l’amour dont le Père nous a comblés » (1 Jean 3,1). Ils se sont laissés appeler « enfants de Dieu » (1 Jean 3,1). Continue reading « Nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3,2)

Le grand commandement de l’Amour

Tout comme dimanche dernier, Jésus est confronté à ses contradicteurs. Cette fois-ci, ils cherchent à vérifier l’orthodoxie de sa doctrine: « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement? » (Matthieu 22,36) Mais pourquoi donc cette question est-elle une mise à l’épreuve de Jésus?

Dans la frange la plus stricte du pharisaïsme, il n’y a qu’un seul commandement qui doit être récité plusieurs fois par jour. Celui-ci est: « Ecoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6,4-5) Que signifie-t-il? Dieu est le seul et personne ne peut contester cette priorité. Pourquoi est-ce sujet à controverse avec Jésus car dans sa réponse, ce dernier ne semble pas remettre en cause ce fait?

Dans une interprétation rigoriste du texte, l’amour que l’on porte à Dieu se résume à la prière et au culte et tout le reste est secondaire. Or dans sa réponse, Jésus apporte une ouverture: il prend la Torah dans son ensemble. Il ne s’appuie pas uniquement sur ce passage du Deutéronome mais il l’ouvre aussi au livre du Lévitique. Dans celui-ci, la loi de Dieu est énumérée par l’amour que l’on doit porter à son prochain. Pour chaque précepte édicté celui-ci se termine par se refrain: « Je suis le Seigneur ton Dieu. » et se conclue même par: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. » (Lévitique 19,18)

Par la jonction « qui lui est semblable » (Matthieu 22,39) mise entre les deux commandements, Jésus donne la clé de la Loi et des prophètes mais aussi celle de sa propre vie. Par sa mort sur la Croix, il atteste la profonde unité entre Dieu et les hommes: Jésus offre sa vie à son Père pour le salut de tous les hommes. Jésus offre sa vie pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde. Continue reading Le grand commandement de l’Amour

Vous avez été choisis…

Aujourd’hui, avec toute l’Église, nous sommes invités à nous mobiliser, par la charité et la prière, pour la Mission. La Mission nous fait penser en premier aux terres lointaines qu’il faut évangéliser… c’est vrai. Cette Journée Missionnaire Mondiale est un élan de générosité avec les Églises les plus pauvres pour les soutenir dans leur vie et leur mission d’évangélisation. Mais cette Journée n’a pas que pour seul but de me faire faire une bonne action vis-à-vis de ces frères et sœurs chrétiens qui me paraissent, peut-être, un peu lointain et qui ont besoin d’être soutenus dans l’annonce de l’Évangile. Cette Journée vient aussi me rappeler que la mission commence ici et maintenant! Et moi comment suis-je missionnaire sur cette terre de la Somme? Comment est-ce que j’annonce l’Évangile? Comment suis-je disciple de Jésus-Christ?

Être baptisé et être croyant, c’est avoir cette chance inouïe: faire l’expérience que je suis aimé de Dieu pour ce que je suis. Et cet amour de Dieu que j’expérimente, fait ma joie! Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que nous avons fait cette expérience: je suis aimé de Dieu! Et il est important pour moi de célébrer cet amour de Dieu… et plus je célèbre l’amour de Dieu, plus je suis en capacité de le recevoir. Nous sommes une communauté, une assemblée aimée de Dieu. Cet amour est constitutif de notre assemblée et doit la marquer de la joie. Continue reading Vous avez été choisis…

Ouvriers à la vigne

Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion de faire les vendanges ou même de travailler dans une vigne… mais c’est un long travail de patience qui exige du temps. Tout au long de l’année, il faut visiter la vigne afin de l’entretenir pour espérer une bonne récolte. L’entretien de la vigne demande beaucoup d’attention.

Les textes bibliques proclamés ce dimanche nous parlent de cette vigne entretenue par le vigneron. Et ce dernier espère beaucoup de sa vigne: il a pris soin de la planter, de la protéger et a pris tous les moyens pour que cette vigne soit belle: il y fait construire, au centre, une tour de garde pour la protéger des voleurs et des bêtes sauvages. Il y creuse aussi un pressoir pour en exploiter le fruit. Ce vigneron, il aime sa vigne mais celle-ci va le décevoir: elle ne va pas porter le fruit attendu.

Nous l’avons compris: le propriétaire qui a planté la vigne, l’a entretenue, c’est Dieu. Et la vigne, c’est le peuple élu, le peuple choisi par Dieu. La vigne, c’est nous! Dieu prend soin de cette vigne et il en espère beaucoup. Dieu espère en nous. Il espère qu’avec l’amour qu’il nous porte, nous puissions avoir une vie qui donne de bons fruits. Dieu a mis son espérance en son peuple. Dieu a mis son espérance dans l’humanité. Dieu a mis son espérance en nous! Continue reading Ouvriers à la vigne

Une leçon de générosité

Est-il si riche que cela ce maître de la vigne pour offrir exactement la même somme, une pièce d’argent, à ceux qui ont été embauchés au début de la journée et à ceux qui ont été embauchés en fin de journée? Et même si il est riche, il n’est pas juste: pourquoi ceux qui ont travaillé plus touchent-ils la même somme que les derniers embauchés? Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, cette attitude m’interroge et soulèverait presque une once de jalousie vis à vis des derniers arrivés! Heureusement que le prophète Isaïe nous a rappelé que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées (Isaïe 55,8). Alors comment comprendre l’attitude du maitre de ce domaine?

Et bien, commençons par relire les contrats de travail! Aux embauchés de la première heure le contrat est « d’une pièce d’argent pour la journée » (Matthieu 20,2). A ceux embauchés à neuf heure, midi ou quinze heures, le contrat est qu’il reçoivent « ce qui est juste » (Matthieu 20,4). Pour les derniers, ceux de dix-sept heure, le contrat est qu’ils aillent à la vigne (Cf. Matthieu 20,7). En prêtant attention aux contrat de travail, nous nous apercevons que personne n’est lésé en recevant une pièce d’argent. Il n’y a aucune injustice. Les ouvriers de la première heure ont bien reçu ce qui était indiqué dans le contrat! Le salaire donné par le maitre aux autres n’est que le fruit de sa générosité. Continue reading Une leçon de générosité

Méditation pour l’Adoration du Saint Sacrement

«Près de la croix de Jésus…» (Jean 19,25).

Ce soir, nous nous tenons près de Jésus. Nous sommes près de la croix. Nous nous tenons devant Jésus présent dans l’Eucharistie, ce « mémorial de la Pâque du Christ: c’est à dire l’œuvre du salut accomplie par la vie, la mort et la résurrection du Christ. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°1409)

Nous sommes devant Jésus qui offre sa vie par amour pour nous et nous prenons le temps de recueillir cet amour, de nous laisser aimer par lui.

«Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine…» (Jean 19,25) Continue reading Méditation pour l’Adoration du Saint Sacrement

Le signe de l’Amour

Aujourd’hui, nous fêtons la Croix Glorieuse… mais n’est-ce pas un contre-sens? Comment la croix, signe d’un supplice humiliant où le condamné est exposé nu, suffocant, au regard de tous et promis à une mort lente, peut-elle être glorieuse?

N’êtes-vous pas étonnés par l’évangile choisi par l’Église pour la fête de ce jour? Nous fêtons la Croix Glorieuse et ce n’est même pas un des évangile de la mort du Christ sur la croix que nous avons entendu. L’Église a offert à notre méditation ce texte de saint Jean tiré du dialogue de Jésus avec Nicodème.

Au cœur de ce dialogue, Jésus nous offre un enseignement sur le sens de la Croix à venir qui nous place dans une dimension différente  de celle de la douleur et de la souffrance. Pour cela, Jésus s’adresse à son interlocuteur avec une image qu’il peut comprendre. Jésus repart de l’image du serpent de bronze tiré du livre des Nombres, que nous avons entendu en première lecture.

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. » (Jean 3,14-15) Qu’est-ce que cela signifie?

Durant l’Exode, une invasion de serpents venimeux convainc les Hébreux qu’ils sont punis pour avoir une fois encore récriminé contre Dieu. Ils demandent donc à Moïse d’intercéder pour eux auprès de Dieu. La réponse divine ne se fait pas attendre: que Moïse fasse un serpent de bronze et qu’il le fixe sur une perche.

En ce temps-là, il était de coutume d’adorer un dieu guérisseur représenté par ce signe du serpent de bronze enroulé autour d’une perche. Moïse, en partant d’un signe qui parle au peuple, suscite la foi en Dieu, celui qui les a libéré d’Egypte. « En regardant ce signe, adressez votre prière au Dieu de l’Alliance, c’est lui qui vous sauve », dit Moïse. Au désert, pour être guéri physiquement, il fallait lever les yeux avec foi vers le Dieu de l’Alliance.

En reprenant cette image à son compte, Jésus nous dit qu’il faut maintenant élever notre regard avec foi vers le Christ en Croix pour obtenir notre guérison, pour obtenir la vie éternelle, la vie avec Dieu. Ainsi, la Croix n’est plus uniquement objet de supplice, elle devient aussi le signe de notre Salut: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Jean 3,16)

En regardant le Christ en croix, nous pouvons nous écrier, comme le centurion: « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. » (Marc 15,39). En regardant le Christ en croix, nous pouvons laisser monter vers Dieu notre acte de foi en son amour miséricordieux. En son Fils Jésus, le Père vient nous rejoindre au plus profond de notre humanité, là où se trouve souvent notre souffrance, notre misère, pour nous y révéler son amour.

La croix, nos croix, qu’elles soient petites ou grandes, sont les lieux où nous pouvons nous laisser toucher par l’amour infini de Dieu. Au cœur de la souffrance, le Christ nous rejoint. Au cœur de la souffrance, Dieu nous dit, en Jésus crucifié, sa Parole qui est amour, miséricorde et pardon. Puissions-nous demander simplement la grâce d’y expérimenter pleinement cet amour de Dieu et de nous livrer à ce dernier dans un total abandon. Amen.

Homélie pour la fête de la Croix Glorieuse

Le chemin de la miséricorde

Il n’est pas rare que l’évangile que nous venons d’entendre nous mette mal à l’aise. Qui suis-je pour aller voir l’autre et le reprendre parce qu’il a péché? Et pourquoi faudrait-il aller jusqu’à l’exclure de la communauté si il refuse d’écouter et de se convertir? Après tout, je ne suis pas meilleur que lui. Et Dieu, n’est-il pas qu’Amour et Miséricorde?

A l’inverse, ce passage d’évangile peut aussi provoquer en moi un orgueil qui me place au-dessus des autres et faire naître chez moi une vocation d’inquisiteur. Je serai alors comme un justicier portant l’anathème, la condamnation, sur tous ceux qui ne sont pas dans les clous.

Ne nous trompons pas sur ce que Jésus nous invite à vivre dans l’Évangile. Il ne nous invite pas à nous placer en juge les uns des autres. Le passage de ce dimanche est au cœur d’un enseignement que Jésus donne sur la vie communautaire. Il s’adresse tout particulièrement à ses disciples. Dans les lignes qui précédent, Jésus met en garde contre tout scandale qui ferait trébucher ceux qui ont mis leur foi en lui. Dans les lignes suivantes, Jésus offre une instruction sur le pardon. Continue reading Le chemin de la miséricorde

La joie de la conversion…

Dimanche dernier, nous avons entendu saint Pierre faire cette magnifique profession de foi: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16,16). De cette réponse, inspirée par l’Esprit Saint, Pierre a reçu de Jésus la mission d’affermir ses frères dans la foi.

Après cette magnifique profession de foi, Jésus introduit ses disciples dans le cœur même de sa mission: monter à Jérusalem pour y subir sa Passion, y souffrir, y être tué et ressusciter. Petite incompréhension de la part de Pierre: ce n’est pas comme cela qu’il envisageait la mission du Messie. Comme beaucoup de ses contemporains, Pierre attendait un Messie-roi, triomphant et glorieux, puissant, capable de chasser de Jérusalem l’occupant romain. C’est ainsi que Pierre s’insurge: « Dieu t’en garde, Seigneur! cela ne t’arrivera pas. » (Matthieu 16,22)

La réponse de Jésus ne se fait pas attendre: « Passe derrière moi, Satan! Tu es pour moi une occasion de chute: tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. » (Matthieu 16,23) En même temps, quoi de plus naturel pour Pierre, comme pour nous, d’avoir une vue spontanément humaine! Il faudra du temps à Pierre pour se convertir et penser pleinement selon la pensée de Dieu. Pierre ne le comprendra vraiment qu’en faisant l’expérience de la miséricorde de Dieu après son triple reniement au soir de l’arrestation et de la condamnation de Jésus… mais aussi au matin de la Résurrection quand par trois fois, Jésus lui demandera: « Pierre, m’aimes-tu? » Continue reading La joie de la conversion…

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