Terre Sainte 168

La lutte finale ou le chemin de l’espérance

A entendre la première lecture tirée du livre de l’Apocalypse, celle-ci a un petit goût de lutte finale! Et il est bien question de la lutte finale: dans l’Apocalypse, (qui n’est pas synonyme de catastrophe mais de révélation), saint Jean s’adresse à des chrétiens persécutés pour les soutenir dans leur épreuve et leur annoncer la victoire finale. Mais comme pour recevoir certaines chaines cryptées, nous avons besoin du décodeur pour le comprendre!

Dans cette lutte, les forces du mal qui se déchainent, sont représentées par le dragon rouge feu. Ce dragon semble avoir la victoire en balayant de sa queue « le tiers des étoiles du ciel, et à les précipiter sur la terre. » (Apocalypse 12,4) Même si il compte bien faire échec au plan de Dieu en étant posté « devant le femme afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. » (Apocalypse 12,4), sa défaite est annoncée et nous n’avons pas à avoir peur.

Face au dragon, une femme enceinte torturée par les douleurs de l’enfantement, qui a « le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Apocalypse 12,1). Qui est cette femme? A regarder les images bibliques qui nous parlent de la relation entre Dieu et son peuple en termes de noces, cette femme est le peuple élu qui engendre le Messie. Pour les disciples du Christ confrontés à la persécution, cet enfantement est douloureux. Nous sommes en train d’enfanter l’humanité nouvelle. Lire la suite

Terre Sainte 018

Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?

«Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ?» (Romains 8,35) demande l’Apôtre Paul. Rien de ce qui ressemble à une épreuve nous répond-il. N’est-ce pas un peu facile? L’épreuve vient souvent ébranler notre foi, notre relation à Dieu. Et pourtant, rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ: c’est lui qui nous a aimé le premier et cet amour, il ne cesse de nous le donner, de nous le montrer. Par amour pour nous, Jésus est mort sur la Croix. Encore faut-il savoir accueillir cet amour au moment de l’épreuve mais aussi à chaque instant de notre vie.

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus s’en va dans un endroit désert, à l’écart. Il vient d’apprendre le martyre de Jean le Baptiste. Face à la mort brutale de ce proche, Jésus ressent le besoin de se mettre, dans le silence de la prière, face à son Père. C’est sous le regard de Dieu qu’il accueille cet événement. Ce temps de silence, ce temps à l’écart sera de courte durée. Il ne tient que le temps de la traversée du lac puisque, en débarquant, il trouve là une grande foule de gens qui l’attend. Lire la suite

Terre Sainte 244

Artisan de paix

Ah, la légendaire sagesse de Salomon! Toute personne censée, qui a quelque pouvoir à exercer, ne devrait pas avoir d’autre désir que cette sagesse: un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien du mal. Cela éviterait bien des conflits…

Oui, mais ne soyons pas dupes: l’accession au trône du roi Salomon ne se fit pas de façon très clean! Intrigues politiques, complots et même assassinats furent de mises. Et pourtant, la sagesse de Salomon est légendaire. Que s’est-il passé?

Une fois arrivé au pouvoir, le roi Salomon a eu un éclair de lucidité. Il s’est aperçu qu’il n’était pas si facile que cela de gouverner. Être un bon chef, ce n’est pas simplement accomplir ses propres volontés ou répondre au désir d’un lobby. Gouverner, c’est rechercher, avant toute chose, le bien commun. Salomon se tourne alors vers le Seigneur pour lui adresses cette prière: «Seigneur, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi à la place de David, mon père: or, je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal; comment sans cela gouverner ton peuple qui est si important?» (1 Rois 3,7-9)

Dans cette prière, Salomon reconnaît que sa mission royale est une mission de service. Comme roi, il est au service du peuple de Dieu. Ce service est à accomplir pour le bien du peuple et non pour son confort personnel. Il demande donc au Seigneur ce qui est nécessaire pour accomplir ce service. Dieu va répondre à cette prière avec une grande largesse: «Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé: je te donne un coeur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi.» (1 Rois 3,11-12)

En ces temps tourmentés, où la violence semble l’emporter parce que chacun veut défendre ses propres intérêts et avoir le pouvoir sur l’autre, puissions-nous faire de la prière de Salomon notre propre prière. Elle ne concerne pas que les grands de ce monde. Elle concerne chacun de nous à la mesure de le responsabilité qui est la notre.

Aujourd’hui, nous prions plus particulièrement pour la paix et principalement en Terre Sainte, en Irak, en Syrie… mais n’oublions pas que les acteurs de paix ne sont pas que les ambassadeurs de l’ONU. C’est chacun de nous et ça commence là où nous vivons: au cœur de nos familles, avec nos voisins, dans nos villages, au sein de notre communauté chrétienne…

Dans l’évangile selon saint Matthieu, Jésus nous dit: «moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux.» (Matthieu 5,44-45) Cela est exigent mais ne doit pas nous décourager. C’est une invitation à nous recentrer sur la perle rare de notre vie: le Christ Jésus lui-même. Être acteur de paix, c’est, avant tout, savoir se mettre simplement devant le Christ, dans le silence de la prière. Là, je m’offre au Seigneur et je prie pour celles et ceux avec qui j’ai du mal: que ce soit un membre de ma famille, un voisin, un collègue ou ceux qui persécutent nos frères et sœurs chrétiens au Moyen ou Proche Orient. Je m’offre au Seigneur et l’implore de savoir aimer les autres comme lui les aime. Je lui demande d’avoir ses sentiments à l’égard de chacun. J’ose aussi, à la lumière de l’Esprit-Saint, regarder les conversions qu’il me faut vivre dans ma propre vie pour laisser de plus en plus le Christ agir en moi.

Être acteur de paix, c’est laisser le Christ avoir la première place en tout, lui qui est la Paix, cette paix que nous nous donnerons dans quelques instants. Amen.

Homélie pour le 17ème dimanche ordinaire – Année A

Champ de blé 002

A l’heure de la moisson…

Depuis quelques jours, les moissonneuses-batteuses sont de sortie. C’est la moisson! Il est l’heure de récolter le fruit de son travail et espérons-le du bon grain semé.

Dans l’évangile de ce dimanche, par la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus nous place dans l’espérance de la moisson. Cette parabole nous fait traverser la question du bien et du mal à laquelle se confronte toute vie humaine. Pourquoi le mal? Pourquoi la souffrance? Pourquoi la mort? Si Dieu est bon pourquoi n’a-t-il pas supprimé tout cela? Pourquoi n’a-t-il pas supprimé le péché?

"Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla." (Matthieu 13,24-25) Lire la suite

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